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| Lecture du chapitre 1 | |
|---|---|
| Nom de l'œuvre : Les muses sans chaussures | Nom du chapitre : Pèlerinage |
| Écrit par Tracy | Chapitre publié le : 28/4/2026 à 21:33 |
| Œuvre lue 69 fois | Dernière édition le : 3/5/2026 à 21:45 |
| « Les chaussons s’en allèrent de la sorte dansant, toujours dansant, jusqu’à ce qu’enfin ils la conduisissent dans une grande et sombre forêt. Là, elle aperçut entre les arbres une vive lumière, elle crut que c’était la lune, car elle avait la figure d’un homme. Le fait est que c’était bel et bien un visage d’homme, car là encore était assis le vieux soldat à la grande barde rouge, lui faisant des signes de tête et disant : voyez donc les beaux souliers de bal ! » Les Souliers rouges, Hans Christian Andersen. ───────────── — Si un jour on m’avait dit qu’Artus Borg m’emmènerait en randonnée en forêt, j’y aurais jamais cru ! Plus citadin que toi, tu meurs. Le pas décontracté, deux jeunes hommes dans la vingtaine marchaient l’un derrière l’autre sur un sentier sinueux serpentant la forêt des illusions. Celui qui venait de parler suivait docilement son guide, les mains bien enfoncées dans les poches de son jean troué et une guitare accrochée dans le dos. Il jetait de temps à autres des coups d’œil à la cime des arbres. L’habillage dense des feuillus laissait tout de même passer la lumière de cette ébauche de printemps. Le climat unysien n’avait rien à voir avec celui de leur région d’origine, pourtant en cette saison vernale, la météo leur rappelait la douceur d’un avril à Johto, les pluies de pétales de cerisiers en moins. Le beau flegmatique rabaissa son regard pour poser ses yeux noisette coquins sur le dos de son ami, plus brun, plus large d’épaules et plus trapu. Il avait toujours l’impression qu’il cherchait son chemin. — On aurait dû proposer à Cyk et Coco de venir. Il aurait sans doute fallu ligoter Cyk pour le trainer de force, mais ça lui aurait fait du bien cette p’tite balade au grand air, reprit-il pour faire la conversation. — Je n’avais pas envie qu’ils me prennent pour un fou, déjà que toi tu ne me crois pas... — Mais si je te crois, c’est juste que parfois tu es un peu superstitieux. — Et toi tu restes un indécrottable pragmatique. Enfin le randonneur du dimanche se retourna vers son camarade, lui adressant un petit rictus provocateur assorti à ses iris d’un bleu profond et pénétrant. L’autre frissonna, sept ans d’amitié et ce regard-là lui faisait toujours autant d’effet. Il agrandit son propre sourire goguenard avant de répliquer : — Et le pragmatique que je suis t’a déjà dit de regarder la carte il me semble. — Ce n’est pas nécessaire Matt. Je n’avais pas de carte à l’époque, je suis tombé dessus par hasard. — Et parce que tu t’es perdu gamin tu te sens obligé de nous perdre aujourd’hui ? — On n’est pas perdu, arrête un peu. Tu me demandes toujours de te faire confiance pour tout et n’importe quoi, alors pour une fois, toi, fais confiance à ma mémoire. — D’accord, Artus, répondit simplement le guitariste sans se départir de son air débonnaire. Artus se concentra à nouveau sur le décor, ses fins sourcils noirs se fronçant sous l’effort cérébral. Il n’était venu qu’une seule fois dans cette forêt, treize ans plus tôt, et son partenaire avait raison : il avait l’âme urbaine. Né à Doublonville, il y avait vécu toute son enfance avant d’atterrir à Mauville à l’adolescence, après le divorce de ses parents. Il pouvait compter sur les doigts de ses mains les fois où il s’était promené en forêt, alors pour lui rien ne ressemblait plus à un arbre qu’un autre arbre. C’est à peine s’il savait faire la distinction entre une fougère et une ortie. Pourtant, son instinct lui disait qu’il était dans la bonne direction. C’était une sensation étrange, elle n’était pas aussi forte que lorsqu’il avait dix ans, mais il captait encore sa présence entre les fûts de hêtres centenaires, il restait persuadé qu’elle était là, quelque part, et qu’il la retrouverait. Il laissait son cœur se faire guider par la voix inaudible de celle qui lui avait offert son don... |
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