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Lecture d'un chapitre



Lecture du chapitre 5
Nom de l'œuvre : Les muses sans chaussures Nom du chapitre : Celui qui a offert sa vie.
Écrit par Tracy Chapitre publié le : 28/4/2026 à 21:47
Œuvre lue 71 fois Dernière édition le : 3/5/2026 à 21:49
Ils ne retrouvèrent pas les converses d’Artus dans les arbres environnants et le retour en ville fut compliqué sans chaussure. Par chance, leur guide possédait un ponyta et il lui avait suffi de dégainer sa pokéball pour que l’équidé de feu transporte le garçon sur son dos. A la lisière de la forêt, sa mère avait acheté une paire de sandales dans une échoppe touristique, qu’il avait enfilée avant de prendre le métro. Ils avaient ensuite fait un détour par une boutique de chaussures de Méanville pour racheter des baskets convenables. L’humeur de Mary s’était grandement dégradée, Artus l’avait bien remarqué, mais sa mère restait toujours très posée et toute en retenue. Quant à lui, il n’arrivait pas à penser à autre chose qu’à la prodigieuse Meloetta. Il était heureux et confiant en l’avenir, même les remontrances hautaines de son père après que Mary lui ait raconté leur mésaventure sylvestre ne l’ébranlèrent pas.

Mais le lendemain matin, le réveil fut autrement plus perturbant. Artus se sentait à nouveau mal, migraineux et fatigué. Il hésita, puis finalement il se traina jusqu’à sa mère pour évoquer son état, un peu honteux, il espérait qu’un cachet d’aspegic ou un doliprane le remettrait d’aplomb.

— Excuse-moi maman, je crois que je me...

Artus se tût brusquement et plaqua une main sur sa bouche et l’autre sur son thorax, sa voix n’était pas rocailleuse, elle était carrément caverneuse, c’était comme si une autre personne venait de s’exprimer à travers lui. En voyant les yeux de son fils écarquillés d’horreur, sa mère comprit rapidement qu’il était malade. Elle s’approcha de lui et posa une main sur son front pour prendre sa température.

— Artus, tu ne te sens pas bien ? Tu n’as pas de fièvre au moins ?

— Il fallait s’y attendre, à courir pieds nus dans la forêt. Que ça te serve de leçon.

— Eliaz ! protesta Mary avec véhémence.

— Cesse de prendre sa défense lorsqu’il fait des imbécilités dignes d’un enfant de quatre ans. Il faut être complètement stupide pour abandonner ses chaussures en pleine forêt.

— Arrête Eliaz ! Ton fils est peut-être malade et toi tu...

— Il est enrhumé, c’est tout. Je te rassure : il survivra, et en attendant, il passera le reste du séjour enfermé ici et tu t’en occuperas, hors de question que je paye une baby-sitter en supplément. Merci pour votre sabotage en règle, la prochaine fois vous resterez à Johto, j’ai besoin d’un soutien, pas d’une paire de boulets !

Eliaz claqua violemment la porte de la chambre d’hôtel, Artus ne savait pas où il était parti et il s’en fichait complètement, tout ce qui le préoccupait ce matin-là c’était sa voix cassée. Son anxiété s’amplifiait de minute en minute... L’exponentielle fut brièvement interrompue par la caresse de sa mère sur ses cheveux de jais.

— Ne t’en fais pas, nous allons trouver un médecin qui accepte les consultations sans rendez-vous.

C’est ainsi qu’Artus se retrouva dans un cabinet médical empestant le bactéricide au parfum synthétique de mentol dans la banlieue de Méanville. Il avait l’estomac noué par l’angoisse pendant qu’il se faisait examiner par le médecin. Ce dernier insista plus longuement sur ses amygdales et observa attentivement l’intérieur de sa gorge. Il termina son auscultation par l’écoute de son jeune cœur palpitant. Enfin, le docteur retira tranquillement son stéthoscope de ses oreilles après de brèves minutes qui parurent des heures à Artus en grande affliction.

— Vous n’avez pas d’inquiétude à avoir, il n’y a rien d’infectieux, c’est tout simplement sa voix qui a commencé à muer.

— C’est tôt, souffla Mary incrédule. Il n’a que dix ans et demi.

— Oui certes, mais cela arrive. Il faudra surveiller qu’il n’y a pas de problème hormonal associé.

— Mais... Que va devenir ma voix ? Je vais pouvoir continuer à chanter ? » couina Artus, dégouté par ses trémolos incontrôlés.

Le médecin répondit à son désarroi par un fou rire qui blessa profondément Artus. Il avait tellement envie de pleurer qu’il en avait mal à la carotide et le soignant prenait cela à la rigolade.

— Ah ah ! Évidemment ! Tu dois bien écouter la radio de temps en temps, les adultes chantent aussi.

— Ne me prenez pas pour un idiot ! Je m’y connais plus que vous en musique ! Mais comment je vais faire à la chorale si je ne peux pas contrôler ma voix ?

— Artus ! gronda sa mère, outrée par son impolitesse.

Le garçon s’était emporté. Le docteur le fixait, totalement hébété. Il n’avait probablement pas eu souvent l’occasion de se faire enguirlander par un enfant de dix ans avec une voix en dents de scie. Comme avec Eliaz, Mary endossa son rôle de diplomate et elle s’excusa platement pour l’écart de conduite de son fils.

— Je vous prie de l’excuser, il est très fatigué, entre le décalage horaire et le stress lié à sa voix, il est un peu sur les nerfs...

A peine sortie du cabinet médical, le visage et l’intonation de sa mère se transformèrent. Sa douceur prude avait cédé la place à une mine sévère, cette fois elle en avait vraiment ras-le-bol.

— Tu peux m’expliquer ce qui t’a pris de crier de cette manière sur le médecin ? C’était parfaitement odieux et irrespectueux. »

Elle était prête à le disputer durement, mais Artus était à bout, il tremblait et il finit par fondre en larmes, sa voix à moitié cassée partant tantôt dans les aigus, avant de virer dans les graves lourds sans qu’il le contrôle.

— Je veux devenir musicien ! Mais j’ai rien d’autre que ma voix, je suis nul dans tout le reste ! Papa a raison : j’suis incapable de progresser ! Si je ne peux plus chanter je ne sers plus à rien ! J’en ai marre d’être aussi mauvais ! Je voulais juste que Meloetta me donne du talent !

En entendant sa voix bizarroïde qui criait son désespoir, se pleurs redoublèrent. Sa mère interdite finit par s’agenouiller, posant sans hésiter son genou enveloppé de son collant chic sur le bitume sale. Elle le prit délicatement dans ses bras.

— Tu n’es pas nul mon fils... Tu es intelligent, tu es travailleur, tu t’améliores à ton rythme et ta voix sera toujours aussi belle après ta puberté, tu verras.

— Qu’est-ce que t’en sais ? répliqua le petit garçon dans un sanglot d’amertume.

— Parce que... Tu as rencontré Meloetta. Tu connais sa légende : tu devras chanter pour elle toute ta vie en échange de ce don.

Avec le temps, Artus avait fini par réaliser que ces mots n’étaient qu’un énorme bobard de maman pour rassurer son petit garçon paniqué, mais sur l’instant, ça l’avait apaisé et cela avait suffi à lui redonner la foi.
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