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Lecture d'un chapitre



Lecture du chapitre 1
Nom de l'œuvre : Le lien qui nous unit : Tome 1 - Le Frontière Nom du chapitre : Prologue
Écrit par l_lSanl_l Chapitre publié le : 4/5/2026 à 13:41
Œuvre lue 15 fois Dernière édition le : 4/5/2026 à 13:41
Un éternuement peu gracieux résonna dans la rue. L’hiver était déjà bien installée, et son corps le lui rappelait à chaque instant.
D’un geste machinal, il resserra son écharpe et sortie son smartphone. Le GPS affichait sa position avec précision ; il était au bonne endroit.

— Bouge de là ! hurla un cycliste en le frôlant.

Le garçon bredouilla un à peine audible « désolé », déjà englouti par le bruit de la rue. Il n’était pas prêt de s’habituer aux manières parisiennes.

Il inspira profondément. Face à lui se dressait « La Sirène », un café rustique, dont la devanture affichait un Milobellus finement gravé. Dubitatif, il tira de sa poche l’annonce trouvée le matin même et la relut avec attention, espérant y déceler une erreur. Mais non : l’adresse correspondait parfaitement.

« Tu t’attendais à quoi ? » songea-t-il.

Après une brève hésitation, il poussa finalement la porte. Aussitôt, il fut enveloppé d’une vague de chaleur, mêlée d’effluves de café fraîchement moulu et de viennoiseries chaudes. Il était tôt, pourtant l’établissement accueillait déjà de nombreux clients, baignés dans une atmosphère calme et feutrée. L’espace le surprit : bien plus vaste que ne le laissait supposer la façade. Il y avait un long comptoir et des tables harmonieusement disposées jusqu’à la petite scène qui occupait un coin de la salle.

À y réfléchir, ses premières impressions étaient trompeuses. L’endroit avait du charme — exactement le genre de charme qu’on attend d’un café niché à Montmartre.

— Eh, gamin ! Je peux t’aider ? lança une voix rauque.
Derrière le bar se tenaient deux hommes : l’un à peine sorti de l’adolescence, l’autre dans la cinquantaine.

Ce fut le plus âgé qui l’interpella. Son regard, dur et perçant, ne laissait rien passer.

— Pourquoi tu restes planté là ? poursuivit-il. Tu comptes consommer ?

Pris de court, le garçon sortit fébrilement l’annonce et la lui tendit.

— En fait… je viens pour le travail. Si c’est encore possible.

L’homme parut surpris. Il leva un sourcil, avant de haussait les épaules.

— J’ai pas mis d’annonce. Dit-il d’une voix tranchante.

Le plus jeune intervint alors, sans hésitation.

— C’est moi, patron.

Le regard que lança l’homme était difficile à interpréter — un mélange de reproche et d’agacement. Pourtant, le jeune ne sembla pas s’en formaliser et enchaîna, presque aussitôt.

— On avait besoin de bras pour le service de nuit. Avec Sophie, on s’en sort plus.

— La prochaine fois, Léo, tu m’en parles avant !

Le plus jeune ponctua la remarque d’une tape amicale dans le dos de son patron.
— Du calme, Arnaud. C’est pas un employé en plus qui va te ruiner.

Le dénommé ne répondit pas, mais son silence en disait long.

Le jeune homme contourna le bar et s’approcha du nouveau venu. Il lui tendit la main, toujours souriant.

— Fais pas attention. Il en a pas l’air, mais c’est une crème.

— Il cache bien son jeu.

La plaisanterie ne sembla pas du goût du propriétaire.

— J’ai pas dit que j’allais t’engager. Alors évite les blagues. Et la moindre des choses, c’est de te présenter. Tu comptes rester muet encore longtemps ?

Il disait cela, car l’arrivant était emmitouflé dans un large manteau de tissu, une écharpe remontée jusqu’au nez.
— Désolé, je suis frileux, se justifia-t-il.

Il retira son attirail et l’accrocha au porte-manteau, laissant à Léo et Arnaud tout le loisir de l’observer.

La première chose qui frappa fut sa taille. Sous les épaisseurs de tissu, ils ne l’avaient pas remarqué : c’était une grande perche, élancée, presque trop mince. Son teint pâle était parsemé de discrètes taches de rousseur, encadré d’une chevelure en bataille, d’un blond platine tirant presque sur le blanc. Quant à ses yeux, légèrement tombants, ils laissaient apparaître un vert sombre étonnamment profond.

Il était beau garçon, songea Léo. Rien d’exceptionnel cela-dit… mais il avait un charme doux, presque candide.

Mais du côté du patron, ce n’était pas l’apparence qui retenait son attention. Plutôt ce qu’il porter à la ceinture.
— Tu peux oublier. Je t’engage pas.

Pris de court, il resta un instant sans voix.

— Mais… pourquoi ?
— À cause de ça, répondit Léo avec une grimace.

Il désigna du doigt les sphères accroché à sa ceinture.

— Le patron a un problème avec les dresseurs. Et les Pokémon sont interdits ici.

— J’ai même mis une pancarte à l’entrée, ajouta Arnaud.

Maintenant qu’il y prêtait attention : aucun Pokémon n’était présent dans le café.

— En quoi ça pose problème ? Mes partenaires resteront dans leurs Poké Balls !

— C’est pas la question. Les dresseurs attirent toujours des ennuis. Et ça, c’est mauvais pour les affaires.

Piqué au vif, il fit un pas en avant.

— Je sais que je peux faire du bon travail. Et puis, ça peut être utile !

Arnaud laissa échapper un ricanement en essuyant machinalement un verre.

— Utile ? Ça sert surtout à foutre le bordel.
— S’il vous plaît… j’ai vraiment besoin de ce travail. J’ai même pas d’endroit où dormir.

Une hésitation passa brièvement dans le regard du patron, aussitôt effacée.

— Pas mon problème. Trouve un boulot qui accepte tes petits amis.

— Il y en a… seulement, j’avais besoin d’un travail en soirée.

— Pourquoi ça ?

Le silence du garçon fut éloquent.

— Pour t’entraîner la journée, j’imagine ? reprit Arnaud, sec. Le dressage avant tout.

L’absence de réponse confirma son intuition. Agacé, il écarta la discussion d’un geste.

— Laisse tomber. T’as probablement aucune expérience dans le métier. À te voir, je dirais même aucune expérience du tout.

Le regard baissé, le garçon dut reconnaître la justesse du constat. En dehors des combats Pokémon, il n’avait rien.

Une réplique lui traversa l’esprit, mais s’éteignit aussitôt.

— Vous avez raison, lâcha-t-il finalement, d’une voix éteinte. Désolé de vous avoir fait perdre votre temps.

Le regard fatigué, il remit sa veste et son écharpe, puis s’éclipsa sans un mot.
Une fois la porte refermée, Léo se tourna vers Arnaud, qui évitait ostensiblement son regard.

— Vous êtes dur. Il avait l’air sympa.

— Je fais pas tourner mon affaire avec de la sympathie.

Léo jeta un coup d’œil vers l’extérieur, à travers la vitre embuée.

— Ça, c’est sûr.

——————

Le dresseur traversa l’avenue d’un pas incertain, l’esprit vide.

« Encore un refus… »

Il savait qu’il lui fallait du travail, mais le froid lui engourdissait jusqu’à la pensée. Voilà trois jours qu’il était arrivé à Paris, et ses maigres économies fondaient à vue d’œil. Il avait bien envisagé de se consacrer au dressage, mais en faire un métier demanderait beaucoup de temps et d’efforts… et pour l’instant, il avait froid.

Perdu dans ses pensées, il heurta quelqu’un de plein fouet. Un grand type au crâne rasé, flanqué d’un Machopeur.
Il n’eut même pas le temps de s’excuser qu’il fut repoussé violemment. Le dos contre le bitume, le souffle coupé, il regarda son agresseur s’éloigner comme si de rien n’était.

— Tu veux quoi ! beugla-t-il d’une voix pâteuse.

L’homme était ivre. Son Machopeur, lui, avait une lueur malsaine dans le regard.

— Les gens sont bizarres… marmonna le jeune homme en restant au sol. Qui boit à cette heure, franchement ?

En se redressant, il sentit l’une de ses Poké Balls vibrer à sa ceinture.

« T’inquiète… je vais pas mourir pour si peu. »

Malgré tout, un mauvais pressentiment s’insinua. Cet homme marchait avec une étrange assurance. Le dresseur avait développé un instinct pour ce genre de chose — difficile à expliquer, mais persistant.

« Enfin… c’est pas mon problème », tenta-t-il de se convaincre.

Il reprit sa route, mais la sensation ne le quittait pas. Quelque chose, au fond de lui, hurlait de faire demi-tour. Agacé, il passa une main dans ses cheveux, nerveux.

— Eh merde.
———————

Le fracas d’une porte brutalement ouverte fit sursauter toute la salle. Un homme massif venait d’entrer, suivi de près par son Machopeur.
Sans se départir de son calme habituel, le patron lança :

— Les Pokémon sont pas autorisés ici. Pas plus que les ivrognes. Dégage.
— Tu m’as oublié, enflure ! beugla l’homme.

Arnaud fronça les sourcils, visiblement perplexe.
— On le connaît, lui ?

— Il me dit rien, répondit Sophie sans cesser de servir.

Hors de lui, l’intrus fit un signe. D’un simple mouvement de bras, le Machopeur pulvérisa une table.
Un cri collectif parcourut la salle, suivi d’un mouvement de recul. Seul Arnaud resta impassible, se contentant de soupirer.

— Ah, ça y est… Je me souviens. T’es le crétin de la dernière fois. Je vois que ton petit Machoc a évolué. Il est moins mignon maintenant.

Un nouveau geste. Une seconde table vola en éclats.
— Insulte-moi encore, et je défonce ton café miteux !

— Du moment que tu rembourses après. Tu me dois déjà deux tables, répliqua Arnaud.

— Je te dois rien du tout, enculé !

L’ivrogne s’installa au bar, juste en face du patron. Derrière lui, le Machopeur maintenait une pression silencieuse, dissuadant toute intervention.

— L’autre jour, tu m’as humilié !

— Je t’ai simplement mis à la porte. Inutile d’en faire un drame.

Il abattit son poing sur le comptoir, les traits déformés par la colère.

— J’étais en train de conclure, t’as tout gâché !

— Parce que tu pensais vraiment conclure en la faisant boire ? Idiot.

— T’as même foutu mon pote dehors !

— Les Pokémon sont INTERDITS ! Lisez la putain de pancarte !

À bout, Arnaud trancha :

— « Je suis désolé ». Voilà. C’est ce que tu voulais entendre ? Maintenant, dégage.
— Pas question ! Je vais te montrer qu’on joue pas avec moi !

Sophie tenta discrètement d’appeler la police, mais le Machopeur fut plus rapide. D’un geste sec, il arracha le téléphone de ses mains et le broya sans effort.

— Le premier qui appelle les flics, on le défonce. C’est compris ?!

L’adrénaline prit le dessus. Arnaud saisit l’homme par le col et le tira à lui.

— Menace encore une fois mes employés, et je t’arrache la langue en passant par l’intérieur.

L’ivrogne se figea, sa bravade balayée par la peur. Mais le Machopeur intervint aussitôt : d’un coup brutal, il frappa le bras du patron. Un craquement sec retentit.

— Arnaud ! cria Sophie en se précipitant vers lui. Mais t’es complètement malade ?!

Le patron s’effondra au sol, livide, sous les regards sidérés des clients et du personnel. Plus personne ne bougeait. L’homme était instable, dangereux — et, pour l’instant, incontrôlable.

— C’est bon… faites ce qu’il dit, lâcha Arnaud entre ses dents.

— Mais…

— Pas de discussion.

Un sourire tordu étira les lèvres de l’agresseur, grisé par la situation. Trop absorbé par sa revanche, il ne remarqua pas tout de suite la silhouette qui venait d’apparaître.

— Heu… bonjour. C’est encore moi.

Léo jeta un coup d’œil et reconnut aussitôt le garçon aux cheveux platine. Interloqué, il fronça les sourcils.

— Qu’est-ce que tu fous là ?

— J’ai entendu du bruit… je me suis dit que je pouvais aider.

Un sourire étira les lèvres de Léo. Il s’approcha et posa ses mains sur ses épaules, comme pour le jauger.

— Tu veux bien nous débarrasser de lui ? demanda-t-il en désignant l’ivrogne.

Ce dernier éclata de rire.

— Ah, c’est le gamin de tout à l’heure. Tu veux encore finir par terre ?

— Tu le connais ? demanda Léo.

— Juste croisé dans la rue.

L’ivrogne perdit patience. D’une voix pâteuse, il donna un ordre à son Pokémon. Ce dernier rugit et se lança sur eux. Le garçon réagit aussitôt. Il repoussa Léo d’un geste et saisit une Poké Ball. Avant même de la lancer, son regard glissa sur le Pokémon et son dresseur.

Le temps sembla se figer.

Le mouvement, la posture, l’intention — tout s’imbriqua en une fraction de seconde.
D’un bond en arrière, désordonné mais précis, il échappa d'un cheveu à l’uppercut qui fendit l’air. Pris dans l’élan, son corps traversa la porte, et atterrit à même le trottoir.
Il avait mal, mais sa position à lui n’avait pas d’importance.
La Poké Ball qu’il avait lancée fila, frôla le Machopeur et s’ouvrit dans un éclat de lumière. Une silhouette humanoïde apparut, drapée d’une longue robe blanche.

L’homme tenta d’articuler un ordre, mais trop tard.
— Immobilise-le !

La Gardevoir posa une main sur le Machopeur. Instantanément, le corps du Pokémon combat se figea, prisonnier d’une force invisible.

— Maintenant, Psyko !

Les yeux de la créature s’illuminèrent d’un éclat rosé. Projetant son adversaire hors du café.
Son dresseur faillit être écrasé par la masse qui s’abattait sur lui, mais il eut juste le temps de rouler sur le côté.

— Tu pourrais faire attention, j'étais là ! le réprimanda-t-il.

Elle se contenta d’un haussement d’épaules, indifférente. L’ivrogne tenta d’intervenir, mais Léo se jeta sur lui et le maîtrisa d’une clé de bras.

— Calmos… On va voir si t’es toujours aussi confiant sans ton garde du corps.

L’homme se débattit, en vain. À sa surprise, Léo était bien plus solide qu’il n’y paraissait.
Pendant ce temps, Sophie récupéra la Poké Ball et rappela le Machopeur, mis K.O., avant d’annoncer aux clients que tout danger était écarté. Sans surprise, la salle se vida en quelques instants. Arnaud observa la scène, le visage fermé.

— Et voilà… J’ai encore perdu des clients avec ces conneries, marmonna-t-il en se tenant le bras.

— Doucement, je vais vous emmener à l’hôpital, proposa Sophie.

— Je vais me débrouiller !

Elle n’en tint pas compte et l’entraîna vers la sortie malgré ses protestations. En passant, elle adressa un sourire sincère au jeune dresseur.
— Je peux savoir pourquoi t’es revenu ? grogna Arnaud.

— Il m’avait semblé bizarre… alors je l’ai suivi.

Un court silence.
— Comment tu t’appelles ?

Le garçon réalisa qu’il ne s’était même pas présenté.
— Virgil, monsieur.

Arnaud le détailla à nouveau, puis marmonna quelque chose d’inaudible. Il crut l’entendre murmurer « foutu dresseur », sans en être certain.

— C’est pour ça que je veux pas de Pokémon dans mon bar. Ça attire les emmerdes.

Difficile de le contredire, après ce qui venait de se passer. Certains dresseurs se croyaient tout permis.
— Je ne suis pas comme ça, répondit Virgil.
— Et puis, ajouta Léo en maintenant toujours l’homme au sol, on pourrait avoir besoin de lui si ça recommence. Vous en dites quoi, patron ?

Il grogna en premier lieu, puis soupira, résigné.
— Je te préviens… pas de conneries.

Sur ces mots, Arnaud quitta le bar avec Sophie, en direction de l’hôpital. La tension retomba lentement.
Virgil resta immobile, aux côtés de sa Gardevoir.

— Mais du coup… je suis pris ?

Léo ne répondit pas tout de suite. Il disparut un instant dans l’arrière-boutique, puis revint avec un uniforme plié sous le bras. Il le tendit à Virgil.

Une chemise noire, un pantalon sobre et un tablier court — la tenue qu’il portait lui-même, comme Sophie.

—Enfile ça. Je sais pas quand t’étais censé commencer, mais va falloir te former. Je serai ton guide, jeune padawan.

Choqué, Virgil fixa son interlocuteur dans le blanc des yeux, jusqu’à ce que celui-ci conclu en souriant :
— Bienvenue parmi nous.
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